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Mère MARIE-JOSEPH
Marie-Louise
Rondeau (en religion Mère Marie-Joseph), fille de Rémi
Rondeau et de Louise Guertin, est née à Worcester, le 5 octobre
1870. Elle fut baptisée dans l’église Notre-Dame-des-Canadiens
par le curé J.-B. Primeau.
Un certain
jour de l’été 1889, l’abbé Joseph Brouillet curé de la
paroisse N.-D.-des-Canadiens, se rend au foyer « Rondeau ». Il
cause avec eux de la possibilité d’obtenir l’aide de leur
fille Marie-Louise pour l’œuvre nouvellement commencée auprès
des orphelins. Marie-Louise est en vacances présentement car elle
prépare un diplôme d’enseignement et fréquente le pensionnat
des Sœurs de la Présentation de Marie à
Saint-Ours-sur-Richelieu. Devant le consentement des parents,
comment pourrait-elle dire «non»
au pasteur lorsque la voilà directement interrogée ? D’ailleurs,
la perspective de devenir religieuse, proposition de monsieur le
curé qui parle d’une prise d’habit comme Tertiaires de
St-François, la remue au plus profond de son cœur. Un désir de
vie consacrée encore caché devient de plus en plus interpellant
ce jour-là !
Âgée
de dix-huit ans, elle acquiesce à la demande adressée et se
donne – elle qui désire tant s’occuper des enfants – au
projet de l’orphelinat. Elle est la « première appelée »
avec deux demoiselles célibataires. Ces dernières quitteront
l’œuvre sans tarder lorsque le fardeau se fera trop lourd !
Très
tôt, elle est choisie par le groupe comme responsable avec une
autre compagne afin de gérer les missions difficiles au moment de
la « tourmente » qui commence à Worcester, à l’automne 1890.
Elle est l’une des deux « élues » qui effectue le mémorable
voyage de Worcester à Baie-Saint-Paul, du 14 au 17 juillet 1891.
Le 17 vers midi, elle frappera au presbytère pour une rencontre
avec monsieur le Curé Ambroise Fafard, fondateur du petit Hospice
Sainte-Anne. Celui-ci requiert l’aide de femmes courageuses pour
le projet d’accueil des handicapés en réponse à une demande
gouvernementale. Sur la suggestion du Curé Fafard, elle se rendra
avec sa compagne à Chicoutimi afin d’y être reçue par
Monseigneur Labrecque, évêque de ce diocèse.
Supérieure
à vingt et un ans du côté américain surtout vu ses
origines, elle est une femme déterminée chez qui la foi décuple
le courage et domine la timidité. Douée de grandes qualités
auprès des enfants, elle se dépense avec succès tant auprès
des orphelins que dans l’enseignement proprement dit. Elle «…
sera auprès d’eux la bonne Sœur de charité laissant paraître
une vraie vocation d’éducatrice au cœur généreux et aimant,
douée également d’un esprit de grande clairvoyance », écrit
notre historienne Sœur Michelle Garceau.
C’est de
plusieurs façons qu’elle sert la jeune Communauté étant donné
sa formation intellectuelle appréciable. Après avoir dirigé le
petit orphelinat, elle devient directrice dans différentes écoles
de la Congrégation naissante. Elle exerce également la fonction
de secrétaire et est responsable de la correspondance officielle.
Elle rédige une chronique d’une valeur documentaire unique.
Épuisée par
toutes sortes de missions difficiles qui pèsent sur ses fragiles
épaules, Mère Marie-Joseph meurt à Baie-Saint-Paul le 27 août
1922, avant d’avoir atteint 52 ans !
( Source :
Par ce signe tu vivras.
Sœur Michelle Garceau, pfm.)
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Mère MARIE-ANNE-DE-JÉSUS
Marie
Bibeau (en religion Mère Marie-Anne-de-Jésus), fille de
Pierre Bibeau et de Catherine Latraverse, est née à
Saint-Pierre-de-Sorel le 9 octobre 1865.
La famille «
Bibeau » arrive aux Etats-Unis vers 1889. La jeune Marie est
employée comme couturière dans le village de Manchaug tout près
de Worcester, ville où se trouve l’œuvre des orphelins du curé
Brouillet. Elle fait connaissance de Cordélie Robillard, ménagère
du curé Delphos. Attirée par les orphelins, cette dernière
franchit le pas et devient postulante à Worcester. La démarche
de Cordélie résonne dans le cœur de Marie Bibeau. Lors d’une
retraite prêchée par le Père Zotique Durocher, vicaire de
monsieur Brouillet et chapelain de l’orphelinat, elle fait part
au prédicateur de son désir de vie religieuse.
À
vingt-quatre ans, Marie songe à devenir religieuse mais ses yeux
regardent vers des Communautés canadiennes. Le vicaire Durocher,
attaché à l’œuvre du curé Brouillet, cause sérieusement
avec la jeune fille. Il perçoit sans doute chez elle une vocation
auprès des orphelins. Le 24 novembre 1889, elle se décide et
entre au postulat à Worcester.
Mère
Marie-Anne-de-Jésus – quoique comptant comme troisième recrue
à la suite de Cordélie Robillard – est vite considérée comme
la deuxième vu les tâches importantes qui l’attendent
dans le petit institut. Avec Mère Marie-Joseph, elle assume des
missions de grande importance. Il est à signaler que le curé
Brouillet, ayant fait allusion en s’entretenant avec les jeunes
recrues, d’un engagement par des vœux religieux, semble faire
volte-face. Mère Marie-Anne-de-Jésus est déléguée par le
groupe pour se rendre, avec Mère Marie-Joseph, auprès de
Monseigneur O’Reilly puis de Monseigneur Beaven, son successeur
à Springfield. L’objectif de cette visite est d’essayer de
mieux comprendre le charitable mais énigmatique curé-fondateur
monsieur Joseph Brouillet.
À
Baie-Saint-Paul, elle fait encore le voyage avec Mère
Marie-Joseph en juillet 1891 pour rencontrer le curé Fafard puis
Monseigneur Bégin, évêque de Chicoutimi. Les deux mettent tout
leur espoir dans ce diocèse canadien en cherchant à sauver
l’institut embryonnaire de Worcester. Ayant obtenu
l’assentiment de l’évêque de Chicoutimi, elles sont prêtes
à s’occuper de l’Hospice Sainte-Anne fondé par le curé
Fafard. Mère Marie-Anne-de-Jésus, avec trois autres compagnes,
fera partie du premier groupe débarquant à Baie-Saint-Paul le 13
novembre 1891.
Après que
huit d’entre elles aient prononcé leurs premiers vœux au mois
d’août 1892, le Père Fafard la nomme supérieure générale
de l’institut débutant. Au mois de janvier de l’année
1893, cette nomination sera confirmée par un vote secret venant
des compagnes. Elle accomplira ensuite le projet du Père
Fafard décédé en 1899 : construire la Maison mère
où se situe la splendide chapelle du Sacré-Cœur.
Après seize
années comme supérieure générale, les membres perclus de
rhumatisme, Mère Marie-Anne-de-Jésus est assidue aux visites des
malades à domicile…
Elle meurt à
Baie-Saint-Paul le 30 avril 1924 à l’âge de 58 ans.
(
Source : Par ce signe tu vivras. Sœur Michelle
Garceau, pfm. )
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Mère MARIE-DOMINIQUE
Lumina
Bolduc ( en religion Mère Marie-Dominique),
fille de Henri Bolduc et de Eulalie Marcoux, est née à
Saint-Lambert-de-Lévis, le 11 janvier 1870. Elle fut baptisée le
lendemain sous les noms de Marie-Joséphine-Lumina.
La
mort prématurée du papa amène la famille Bolduc à des déplacements
successifs en vue de trouver sa subsistance. Après plusieurs
migrations en terre américaine, Madame Bolduc finit par s’y établir
avec sa famille. Ces déménagements ne favorisent guère la fréquentation
scolaire pour les enfants ! Lumina doit en faire le sacrifice.
Cette épreuve est vite compensée cependant par l’esprit sérieux
que les multiples expériences de la vie lui permettent de développer.
C’est dans ce grand « livre » qu’elle apprend ! Cela lui
donne l’occasion de perfectionner un bon sens inné et permet à
son jugement de s’affermir. Elle trouvera sans problème un
travail qui lui permet d’aider les siens.
À
Worcester, ce qu’elle trouvera de façon providentielle, c’est
un appel à travailler pour le Christ en se dévouant dans l’œuvre
de charité à l’égard des orphelins accueillis par le curé
Joseph Brouillet. Le 15 mai 1890, âgée de vingt ans seulement,
elle quitte le foyer pour prendre l’habit des Tertiaires
franciscaines. À cet âge, elle est déjà une fille mûre !
Mère
MARIE-DOMINIQUE prend une place bien précieuse aussi bien à l’Orphelinat
du curé Brouillet que plus tard, à l’Hospice Sainte-Anne du
curé Fafard. Les gros travaux, pour elle, n’ont pas de secrets :
ménages, lessivages, chauffage même, veilles de nuit auprès des
malades, sa robuste santé lui permet un service sans faille.
Choisie par Mère Marie-Joseph, la supérieure des débuts à
Worcester, elle compte parmi les quatre premières « novices »
franciscaines débarquant à Baie-Saint-Paul, le 13 novembre 1891.
Arrivée
sur cette terre d’espérance, elle se met à la tâche. Femme de
grand jugement, elle sait pertinemment seconder Mère
Marie-Anne-de-Jésus, responsable de la fondation canadienne. On
écrira à son sujet : « Elle parle peu lorsqu’il
s’agit de sa propre personne…» mais elle trouve toujours
le mot à dire s’il s’agit de rencontres importantes.
La
caractéristique de Mère MARIE-DOMINIQUE, selon les compagnes
fondatrices et plusieurs autres religieuses aînées qui l’ont
bien connue, est son grand esprit d’humilité et d’effacement.
Lorsqu’elle est élue supérieure
générale de la Congrégation,
«… elle attribuera à son Conseil, tous les succès en
s’accusant elle-même sans pitié de tous les travers ».
Supérieure générale
pendant dix-huit ans et assistante générale
pendant onze ans, elle se désole plus d’une fois devant ce
choix posé. Pendant les années où elle est la première
responsable de la congrégation, «… les œuvres se
multiplient, les couvents se fondent et la Communauté
s’affermit…» écrira sœur Michelle Garceau. Elle
est pour toutes les religieuses, un modèle de foi, de charité,
de simplicité et de grand détachement.
Mère
MARIE-DOMINIQUE est la dernière FONDATRICE à quitter la
vie terrestre. Elle décède à
Baie-Saint-Paul, le 14 août 1952, à l’âge de 82 ans.
(
Source : Par
ce signe tu vivras.
Sœur Michelle Garceau, pfm )
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Mère
MARIE-ALEXIS
Marie-Cordélie Robillard (en
religion Mère Marie-Alexis), fille de Hilaire Robillard et de
Marguerite Robillard, est née le 10 mars 1846 et baptisée le
lendemain dans l’église Sainte-Geneviève de Berthier.
C’est à Manchaug, petit
village situé tout près de Worcester, que Cordélie vient
travailler afin d’aider sur le plan pécuniaire la famille
d’une de ses sœurs. Elle est la ménagère du curé Alexis
Delphos. Avancée en âge, il y a longtemps qu’elle se sent
appelée à la vie religieuse. Où pourrait-elle trouver un
endroit aussi favorable au dévouement qu’auprès des orphelins
du curé Brouillet ? L’abbé Zotique Durocher, vicaire et
chapelain de l’orphelinat, l’y invite fortement. Mais
peut-elle laisser le curé Delphos sans ménagère ?
Au mois d’octobre 1889, elle
se trouve enfin une remplaçante. Âgée de quarante-trois ans,
elle peut partir sans crainte. Elle arrive à l’orphelinat avec
tout ce qu’elle possède : lingerie, meubles et une somme
d’argent importante pour l’époque, quelque 600 $. Elle possède
même un cheval et une voiture… Quelle aubaine
pour les randonnées de quête !
Le 24 novembre 1889, avec
d’autres compagnes dont Mère Marie-Anne-de-Jésus, elle revêt
l’habit des Tertiaires de Saint-François. Le 12 août 1892,
elle est présente à Baie-Saint-Paul avec sept autres compagnes
pour l’émission de ses premiers engagements.
Mère MARIE-ALEXIS a une santé
robuste ; ce qui fait dire à ses compagnes : «…elle
travaille comme un homme… » ou encore «… trois
personnes ordinaires… ». Étant très douée manuellement,
elle est très utile car elle peut procéder à toutes les réparations
de la maison. Quelle façon de faire des économies !
Sur le plan moral, Mère
MARIE-ALEXIS est une compagne agréable. D’un âge respectable,
elle a une grande influence sur ses compagnes par le regard de sérénité
et de paix profonde qu’un visage rond et doux laisse transpirer.
De plus, son grand esprit de foi la rend souple, docile et
vigilante. N’a-t-elle pas la charge délicate de remplacer
pendant quelques mois, en plein cœur de la tourmente à Worcester
en 1893-1894, comme supérieure, Mère Marie-Joseph appelée au
Canada pour un service particulier à l’Évêché de Chicoutimi
?
Bien servie par la nature et par
la grâce, Mère MARIE-ALEXIS est de tous les
secours. À l’aise auprès des orphelins, elle le sera autant
auprès des vieillards, des idiots (le nom donné aux handicapés
intellectuels autrefois) ou encore à la cuisine, à la
cordonnerie ou au jardin. C’est avec peine qu’elle accepte, vu
son âge avancé et des forces diminuées, certain ménagement.
Avec une simplicité d’enfant,
en faisant tourner les grains de son chapelet (une couronne
franciscaine) entre ses doigts usés, elle termine les derniers
moments d’une vie bien remplie à l’âge de 93 ans. Elle
est la seule FONDATRICE à mourir à un tel âge !
Elle décède à Baie-Saint-Paul
le 7 juin 1939, un peu avant les fêtes du cinquantenaire de la
congrégation.
(Source :
Par ce signe tu vivras. Sœur Michelle Garceau, pfm)
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Mère MARIE-ZOTIQUE
Étudienne
Blais (en religion Mère Marie-Zotique), fille d’Édouard
Blais et de Marguerite Vandal, est née à Saint-Pierre-de-Sorel
le 17 avril 1858. Elle est baptisée le lendemain sous le nom de
Marie-Étudienne.
Voilà que
vers la fin du XIXe siècle, la famille Blais émigre
en Nouvelle-Angleterre pour y trouver sa subsistance. Dès son
arrivée, Étudienne est attirée par l’orphelinat du curé
Brouillet, à Worcester. Une première intervention de celui-ci
auprès de la maman n’a aucun succès. Elle s’objecte sans
cesse au désir de sa fille qui déjà avait voulu entrer dans une
congrégation religieuse au Canada.
Un peu plus
tard, on entrevoit un certain revirement chez la maman. En effet,
le blâme sévère du curé réveille son sens chrétien et elle
finit par lâcher prise… Étudienne arrive à l’orphelinat le
2 janvier 1890. Quel beau cadeau du jour de l’An pour le curé
Brouillet ! Âgée de trente-deux ans, elle peut enfin répondre
au désir de son cœur.
Dès le 5
janvier, avec d’autres compagnes, la jeune fille prend l’habit
des Tertiaires franciscaines à Worcester et reçoit le nom de Mère
MARIE-ZOTIQUE. À partir de ce moment, elle est impliquée aux
joies et aux peines d’une Œuvre qui donnera naissance à une
congrégation religieuse. L’incorporation
du groupe de novices les mènera par des sentiers
difficiles, en terre canadienne. C’est à Baie-Saint-Paul que Mère
Marie-Zotique prononce, avec d’autres compagnes, ses premiers
engagements au mois d’août 1892.
De santé
fragile, elle «… servira plus la Communauté par les trésors
de son cœur que par la force de ses bras. » écrit sœur
Michelle Garceau. Mère Marie-Zotique est partie prenante de
toutes les besognes dans les débuts à Worcester. Douée d’un
jugement sûr, elle compte parmi les premières conseillères générales
et assume, à plusieurs reprises, le rôle de supérieure locale.
Le trait de
caractère de cette FONDATRICE est sans doute sa gaieté et
une joie toute simple qui se laissent entrevoir sous un petit air
tranquille et réservé. Avec l’expérience due à son âge
avancé, elle a mille secrets pour soulager les maux physiques
aussi bien ceux de ses compagnes que ceux des pauvres qu’elle côtoie.
Pendant plusieurs années, en effet, elle
est affectée au poste de "pharmacienne" à la Maison mère.
Cet
empressement à soigner les malades avec une si grande patience et
compassion, elle l’a prouvé dans les soins attentifs accordés
à « maman » Durocher, la mère du Père Zotique Durocher –
vicaire du curé Brouillet – dont elle porte le nom. En effet,
c’est à l’Hospice Sainte-Anne à Baie-Saint-Paul que la
vieille dame termine ses jours. Mère Marie-Zotique est aussi la
toute désignée pour accompagner fidèlement et efficacement Mère
Marie-Égide-d’Assise appelée au chevet du vénéré Père
fondateur Ambroise Fafard, pendant la maladie qui précède sa
mort le 12 août 1899.
Par sa prière
fervente et les nombreux services accomplis auprès des malades, MÈRE
MARIE-ZOTIQUE laisse «…le souvenir d’une personne
priante et de grande bonté de cœur…». Elle décède à
Baie-Saint-Paul le 26 août 1930 à l’âge de 62 ans.
( Source :
Par ce signe tu vivras. Sœur
Michelle Garceau, pfm. )
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Mère ALPHONSE-MARIE-DE-LIGORI
Albertine
Riopel, fille de Eusèbe Riopel et de Éléonore Peltier, est née
à Montréal le 19 juillet 1872. Elle est baptisée le lendemain
dans l’église du Saint-Nom-de-Marie.
Les
parents Riopel comme bien d’autres, viennent habiter les États-Unis,
notamment la ville de Worcester, MA, afin d’y trouver plus facilement
un travail. Albertine, après une retraite prêchée à South Worcester
par le Père Frédéric, franciscain, se sent appelée au service des
orphelins. Mais à 17 ans, comment peut-on penser entrer au couvent ?
Les parents s’y opposent carrément ! La jeune fille se hasarde à
fuir vers l’orphelinat fondé par le curé Joseph Brouillet,
entretenant le désir de devenir religieuse. Après quelques semaines,
sur le conseil de ce dernier, elle retourne chez ses parents mais ce ne
sera que pour obtenir la permission de prendre l’habit des Tertiaires,
cérémonie qui a lieu le 9 mars 1890.
Mère
Alphonse-Marie-de-Ligori s’ajoute aux compagnes déjà reconnues
«Oblates de Saint-François» (c’est le nom donné aux Petites
Franciscaines de Marie dans les débuts à Worcester) pour se dévouer
à l’orphelinat du curé Brouillet. Comme celles qui la précèdent, c’est avec un cœur rempli d’une tendresse
toute maternelle qu’elle s’occupe des chers orphelins. Il ne
sera pas loin cependant le temps où elle prendra part aux
difficultés et aux multiples problèmes d’incompréhension qui
s’établiront peu à peu entre le fondateur de l’orphelinat et
les Oblates !
Venue
à Baie-Saint-Paul avec d’autres compagnes pour l’émission de
ses premiers vœux le 12 août 1892, Mère Alphonse-Marie-de-Ligori
sera le plus souvent affectée à Worcester. Là-bas, elle servira
dans les deux œuvres, c’est-à-dire à l’orphelinat tout
d’abord puis à l’Hospice Saint-François, à partir de l’année
1897.
Mère
ALPHONSE-MARIE-DE-LIGORI a une santé fragile. Bien que jeune, elle
est torturée de maux d’estomac qui ne la quitteront à peu près
jamais. Elle a tout juste sonné ses vingt ans qu’elle «…doit
calculer ses forces, se ménager, se reposer, doser son travail au
compte-gouttes, …» écrira
sœur Michelle Garceau. Il est évident que le plus lourd sacrifice
consiste à se résigner à devoir composer sans cesse avec une
faible santé. Quelle épreuve morale n’a-t-elle pas alors à
surmonter !
Douée
heureusement d’un caractère équilibré, cela lui permet de tirer
parti de sa pénible situation. D’une intelligence remarquable,
elle sait mettre à profit ses années d’études passées chez les
Sœurs de Sainte-Anne à Worcester et devient ainsi le « bras droit
» de Mère Marie-Joseph pour l’enseignement auprès des
orphelins. Elle sera aussi une secrétaire appréciée en différentes
occasions. Mais avant tout, elle se rend disponible comme aide dans
de multiples services : cuisine, buanderie, soin des enfants ou
des malades. À la quête, elle saura marquer les gens par la qualité
de ses relations : compassion,
douceur, affabilité et surtout une sympathie joyeuse et réconfortante…
Elle
décède à Baie-Saint-Paul le 3 août 1936 à l’âge de 64 ans.
(
Source : Par ce
signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm. )
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Mère MARIE-DES-SEPT-DOULEURS
Emma
Decelles, fille de Anselme Decelles et de Adéline Ménard, est née
à Saint-Césaire, le 8 août 1860. Elle est baptisée le même
jour sous les noms de Marie-Eugénie-Emma.
Embauchée
à Fall River, Mass., Etats-Unis, elle a 29 ans quand le Père Frédéric,
franciscain, l’achemine vers l’orphelinat du curé Joseph
Brouillet à Worcester. À cet âge, elle a une bonne expérience
de la vie obligée qu’elle est, par les besoins de son travail,
de s’éloigner des siens.
Cela lui donne l’occasion de se façonner une personnalité
forte, basée sur une solide volonté que vient fortifier une
ardente piété se percevant dans les relations douces et respectueuses qu’elle entretient à
l’égard de son entourage.
En
avril 1890, elle s’engage donc dans l’œuvre de
l’orphelinat. Au mois de mai, la voilà novice attendant avec
impatience le jour où elle pourra prononcer ses vœux de
religion. Le travail auprès des enfants l’accapare cependant et
c’est avec une grande joie et un cœur de mère qu’elle s’y
dévoue inlassablement. Comme les autres compagnes, elle est
partie prenante de tous les succès et de tous les déboires que
le groupe de Tertiaires franciscaines vit à Worcester pendant les
années de la tourmente qui s’étendent de 1890 à 1897.
Elle
n’aura même pas le bonheur d’émettre, avec les huit
compagnes, ses premiers engagements à Baie-Saint-Paul, au mois
d’août de l’année 1892. En effet, il lui faut rester au
poste à Worcester avec une autre novice afin de veiller sur les
orphelins. Ce n’est que le 15 janvier 1893 qu’elle est appelée
au Canada pour la profession religieuse tant désirée. À la
suite de cet événement, elle se voit nommer, le 30 janvier,
première assistante de Mère Marie-Anne-de-Jésus, supérieure générale.
À
partir de ce moment, elle sera donc chargée officiellement de répondre
aux affaires de la Congrégation. On la retrouve à côté de Mère
Marie-Joseph à Worcester en 1898. Pour retrouver le calme et
renouer avec celui qui les avait appelées en 1889 (le curé
Brouillet), il faut consentir à laisser l’œuvre des orphelins.
À Worcester en 1897, l’orphelinat se transforme donc en
hospice pour les vieillards! À ce moment, quoique de santé
fragile, Mère Marie-des-Sept-Douleurs va d’un endroit à
l’autre, se rendant disponible pour tous les services notamment
celui d’assumer le rôle de supérieure auprès de différents
groupes de la communauté naissante et cela pendant vingt années
consécutives.
Pour
conclure, c’est à sœur Michelle Garceau que j’emprunte ces
lignes qui caractérisent notre chère Mère : […« Unie
jusqu’à la fin à sa Mère des Douleurs, réparatrice et
consolatrice, elle voudra se soustraire aux injections calmantes
que nécessite pourtant, aux derniers jours, la violence du mal
qui la terrasse, et elle dira au médecin pour le persuader :
« Nous autres, les Mères Fondatrices, il y a longtemps que le
bon Dieu nous a habituées à souffrir ! »…]
Elle
décède à Baie-Saint-Paul le 3 janvier 1937 à l’âge de 77
ans.
(
Source : Par ce
signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm. )
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Mère MARIE-ÉGIDE-D’ASSISE
Mère
Marie-Égide-d’Assise, fille de Joseph Marcil et de Marie
Deneault, est née à Saint-Jean-de-Matha, le 25 juillet 1862.
Elle est baptisée le jour de sa naissance sous les noms de
Marie-Louise-Rosanna.
Au
début de l’année 1890, alors que les relations commencent déjà
à s’assombrir à l’orphelinat du curé Joseph Brouillet à
Worcester, Rosanna Marcil frappe à la porte pour être reçue
comme postulante et se dévouer dans l’œuvre de charité. Le 27
juillet, âgée de 29 ans, elle prend l’habit en l’église
Notre-Dame-des-Canadiens et reçoit le nom de Sœur Marie-Égide-d’Assise.
Elle
compte parmi les quatre « choisies » pour venir en aide au Curé
Fafard à Baie-Saint-Paul, le 13 novembre 1891. Le groupe des
Tertiaires franciscaines prennent alors racines au Canada et avec
la permission de l’évêque de Chicoutimi, elles y établissent
leur Maison mère et leur noviciat en terre charlevoisienne.
C’est avec joie qu’elle fait aussi partie du groupe des huit
novices qui émettent leurs premiers engagements au mois d’août
de l’année suivante, en 1892.
MÈRE
MARIE-ÉGIDE-D’ASSISE sera de toutes les corvées dans les débuts,
notamment celle qui la mène de Baie-Saint-Paul jusqu’à l’évêché
de Chicoutimi, le 1er septembre 1894. Avec Mère
Marie-Joseph comme compagne, elle assume alors la tâche de
cuisinière de Mgr Michel-Thomas Labrecque pendant quelques mois.
Cependant dès le début de l’année 1895, elle pourra retourner
à Worcester et se remettre au service de l’orphelinat auprès
des enfants qu’elle affectionne tendrement.
Douée
d’un caractère jovial, d’un esprit de discernement
remarquable, d’une grande débrouillardise, elle sera choisie
comme assistante de Mère Marie-Anne-de-Jésus, supérieure générale
et comptera ainsi parmi les membres du conseil général pendant
trente-trois ans.
Elle
sait, à ses heures, dérider le Père Fafard et parfois même,
semble mettre en doute, dans un esprit de franche simplicité, les
idées de celui-ci. À l’époque, cela pouvait être remarqué
et remarquable… N’a-t-elle pas gagné ainsi sa totale
confiance puisqu’il la nomme en 1899, son exécutrice
testamentaire ?
Lorsque
la santé du Père Ambroise décline à partir du mois de mai
1899, elle se rend quotidiennement avec Mère Marie-Zotique, auprès
de ce dernier qui demande une présence attentive. Au mois de
juillet, le mal s’aggrave. C’est alors qu’elle se fait à la
fois, l’infirmière et l’ange gardien du « bon Père
Fondateur » comme elle l’appelle, et avec l’une ou l’autre
des compagnes fondatrices qui s’amènent pour la retraite au début
du mois d’août, elle assure un service sans faille de jour
comme de nuit !
Mère
Marie-Égide-d’Assise, affectée par un rhumatisme qui l’empêche
de se déplacer normalement pendant plus de la moitié de sa vie,
décède à Baie-Saint-Paul, le 21 août 1949, à l’âge de 87
ans.
(
Source : Par ce
signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm. )
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Mère
MARIE-FRÉDÉRIC
Mère
Marie-Frédéric, fille de Moïse Perron et de Émilie Duplessis,
est née à Saint-Barnabé le 12 mars 1852. Elle est baptisée le
même jour sous le nom de Zélie.
Reçue
tertiaire de Saint-François depuis quelques années et attirée
par le «Saint» d’Assise, Zélie Perron, âgée de
trente-sept ans, cherche discrètement, une congrégation
religieuse franciscaine où elle pourra s’épanouir comme
tertiaire régulière. À l’orphelinat des « Sœurs Grises »
de Montréal où elle travaille, elle rencontre Sœur Saint-François-d’Assise
venue de Worcester, É.-U. en voyage d’affaires dans la métropole
canadienne. Engagée dans l’œuvre du curé Brouillet, cette
dernière fait partie d’un
groupe
– tertiaires de Saint-François – en voie de devenir des
religieuses.
Après
avoir pris quelques informations auprès de la sœur voyageuse, Zélie
est décidée ; c’est aux Etats-Unis qu’elle se rendra pour être
religieuse ! Se vouer au service des orphelins : qu’ils
soient canadiens ou américains, peu lui importe ! Ce qui compte
pour elle, c’est de trouver une congrégation franciscaine. Elle
est donc reçue à Worcester par le curé Joseph Brouillet qui lui
donne l’habit des postulantes le 21 août 1890. À partir de ce
jour, elle trouvera « la joie parfaite » dont parle François
d’Assise car ils ne sont pas loin les jours sombres que le
groupe doit affronter !
Les
souffrances matérielles et spirituelles des pauvres Oblates de
Saint-François – c’est le nom que portent les novices pendant
un certain temps – deviennent si complexes que les journaux ont
vite fait de diffuser certains articles sur le sujet. L’affaire
a une répercussion jusqu’à Montréal même ! En la fête de
saint Joseph de l’année 1891, Monsieur Moïse Perron, ayant
entendu parler de ce qui se passe à l’orphelinat de Worcester,
s’y amène avec la ferme décision de ramener ses deux filles.
En
effet, elles sont deux sœurs Perron à travailler là-bas. Devant
des faits devenus, à peu de chose près, un scandale public dans
la métropole canadienne, le papa, après avoir consulté l’évêque
de Montréal, est bien décidé d’y retirer ses enfants. Une
fois rendu à Worcester cependant, après avoir causé longuement
avec des membres de certaines familles qui ont suivi l’évolution
de l’histoire; après avoir rencontré le Père Durocher,
vicaire du curé Brouillet; après avoir réfléchi face à
l’attitude des novices franciscaines, M. Perron en vient à
admirer le courage de ces filles qui vivent dans un esprit
d’abandon éprouvé. Il repart pendant la soirée avec Zélie
qu’accompagne une orpheline. Elle ira pour une journée à Montréal
afin de réconforter la maman et reviendra avec la compagne.
Mère
Marie-Frédéric compte parmi les « quatre » qui
viennent fonder la Congrégation à Baie-Saint-Paul le 13 novembre
1891. Cette religieuse assume différentes tâches au Canada comme
aux Etats-Unis. Souffrant d’un bégaiement marqué, c’est avec
humilité et souci de servir là où les besoins se font sentir
qu’elle s’épanouit; un épanouissement marqué par la gaieté
et la joie de vivre… Comédienne à ses heures avec ses chansons
à répondre, elle a un don pour animer les récréations
communautaires. N’est-elle pas ainsi la digne fille du «chantre» d’Assise, François le Poverello ?
Mère
Marie-Frédéric décède à Baie-Saint-Paul le 27 février 1939
à l’âge de 87 ans.
(
Source : Par
ce signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm. )
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Mère
MARIE-THÉRÈSE-DE-JÉSUS
Mère
Marie-Thérèse-de-Jésus, fille de Ferdinand Roy et de Malvina
Roy est née à Saint-Cajétan d’Armagh le 30 janvier 1871. Elle
est baptisée le lendemain sous les noms de Marie-Elzire.
Le
21 août 1890, Sœur Marie-Joseph accueille une aspirante venant
de North Uxbridge, MA et portant une lettre d’admission signée
par le curé Joseph Brouillet : il s’agit de Marie-Elzire
Roy. Dans le livre « Par ce signe tu vivras », on y lit
ces mots attribués à la jeune fille lorsqu’elle se présente
au parloir : « Ma Sœur, je viens ici pour vivre et mourir,
conduite par saint François. J’ai eu trop de misère à entrer,
je ne veux plus sortir ! ». Elle n’a que dix-neuf ans.
Depuis
l’âge de seize ans, après son entrée dans le Tiers-Ordre séculier
de Saint François, Elzire cherche une congrégation de Tertiaires
Régulières pour y devenir religieuse. À ce moment, deux
franciscaines venues de South Worcester pour la quête dans sa
paroisse attirent son attention. Elle engage alors un dialogue
avec ses parents leur dévoilant son désir d’entrer à
l’orphelinat canadien du curé Brouillet à Worcester. Ceux-ci
refusent catégoriquement. Sans mot dire, tenace et décidée,
elle s’enfuit alors du foyer paternel. Le Père Brouillet la
garde quelques semaines mais il juge plus sage de la retourner
chez elle afin qu’elle obtienne la permission officielle de se
donner à la cause des orphelins.
Revenue
à la maison et usant de tous les moyens, elle bute sans cesse sur
un refus obstiné des parents. La solution sera de partir
clandestinement… Le Père Brouillet l’accueille cette fois
sans hésiter et lui donne l’habit des Tertiaires et le nom de
Marie-Thérèse-de-Jésus, le 5 octobre 1890. Peut-elle
s’imaginer à ce moment tout ce qu’elle aura à souffrir dans
l’œuvre naissante de l’orphelinat de Worcester qui l’attire
si fortement ?
On
la trouve toujours au service des orphelins alors que la communauté
naissante est acceptée à Baie-Saint-Paul pour l’œuvre du Père
Fafard, le 13 novembre 1891. Lorsque les huit compagnes se rendent
au Canada pour leur première profession au mois d’août 1892,
elle reste à Worcester comme gardienne du petit troupeau avec Mère
Marie-des-Sept-Douleurs. Le 15 janvier 1893, Elzire aura à son
tour le privilège d’émettre avec sa compagne, ses premiers vœux.
Lors de cet événement, elle est appelée à poser un grand geste
de foi ! Monseigneur Labrecque en effet, autorisant la congrégation
à admettre de nouvelles recrues, la voilà désignée par le
conseil général pour la délicate fonction de maîtresse des
novices. Nous sommes au 31 janvier 1893. Elle n’a que vingt-deux
ans !
Mise
à part la lourde tâche qui la réclame devant le nombre
croissant des postulantes, puisqu’elle a la « plume » facile,
Mère MARIE-THÉRÈSE-DE-JÉSUS est choisie pour rédiger les
premières Constitutions de la congrégation demandées par Mgr
l’Évêque. Mais la petite mère – comme on aime
l’appeler – est de santé fragile ! Touchée par ce que l’on
pense être une pleurésie en juin 1896, les rechutes sont fréquentes.
Mère Marie-Anne-de-Jésus s’efforce alors d’alléger son
fardeau par de multiples remplacements auprès des jeunes. On prie
même grand-maman sainte Anne afin qu’elle lui accorde la
guérison. Rien à faire ! Elle ira comme elle l’écrit elle-même
à cette époque : « … se reposer en Dieu… se décharger
sur Lui… s’abandonner totalement à Lui… »
Elle
décède à Baie-Saint-Paul le 13 décembre 1898 à l’âge de
vingt-sept ans.
(
Source : Par
ce signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm. )

Mère
MARIE-DE-BON-SECOURS
Mère
Marie-de-Bon-Secours, fille de Moїse Perron et de Émilie
Duplessis, est née à Saint-Étienne-des-Grès, le 19 avril 1856.
Elle est baptisée le même jour dans l’église Saint-Barnabé
sous le nom d’Agnès.
Sœur
de sang de Zélie (Mère Marie-Frédéric), elles arrivent
ensemble de Montréal pour s’engager à l’orphelinat du curé
Brouillet à Worcester. Agnès a 33 ans ! Tertiaire séculière de
Saint François, comme sa sœur, elle désire devenir religieuse
franciscaine. Le 21 août 1890, elle « prend l’habit » et reçoit
le nom de Sœur Marie-de-Bon-Secours.
Les
jours pénibles vécus à l’orphelinat ébranleront sa santé déjà
fragilisée. Au premier trimestre de l’année 1891, en plein cœur
de la tourmente, grâce à sa dévotion mariale, elle devient la
« force » du groupe. En effet, la Vierge Marie la gratifie
d’un événement bien spécial dans l’église Saint-Étienne
de Worcester. Alors qu’elle s’y arrête pour se reposer sur
l’invitation de Mère Marie-Égide-d’Assise, la statue de
Marie s’anime et lui parle en ces termes : « Marchez, mes
petites Sœurs, vous réussirez ! ». Très étonnée que sa
compagne n’ait pas entendu ces paroles réconfortantes, Mère
Marie-de-Bon-Secours les gardera bien vivantes dans son cœur !
Presque
toujours malade, elle se sent souvent inutile et à charge pour
les autres qui ont tant à faire ! Femme d’une si grande foi,
toutes sont unanimes à lui décerner le diplôme de la prière.
C’est en s’appuyant sur son courage et sa force morale que les
compagnes trouvent le ressort spirituel leur permettant
d’affronter les situations difficiles de l’heure. Avec une
joie toute fraternelle, on lui offre la seule paillasse du logis,
la chaise bancale dont on dispose… et quoi encore
?
Pendant
l’année 1891, la santé de Mère Marie-de-Bon-Secours ne cesse
de se détériorer. En novembre cette année-là, elle voit partir
pour le Canada dans la foi, sa sœur aînée Zélie (Mère
Marie-Frédéric) puisque l’hospice Sainte-Anne du Curé Fafard
à Baie-Saint-Paul devient la «planche de salut» pour
l’institut naissant. Avec un cœur aimant, humble et résignée,
elle accepte paisiblement tous les sacrifices, toutes les
privations ! Ses compagnes en témoigneront…
C’est
dans de telles dispositions qu’elle passe vers l’autre « rive
» le 7 mars 1892 après avoir manifesté le désir de
s’engager, comme ses compagnes, par des vœux de religion. Exposé
à l’orphelinat de la rue Bleeker à Worcester, le corps de Mère
Marie-de-Bon-Secours est transporté en train jusqu’à Montréal
où l’attendent les parents « Perron ». La dépouille mortelle
prend place dans le charnier et à l’ouverture de la navigation
au début du mois de mai, le bateau amène le petit cercueil, de
Québec jusqu’à Baie-Saint-Paul. Ainsi les compagnes diront :
« …elle va fonder la congrégation au Ciel…».
Après
avoir franchi les étapes du voyage, la défunte est accueillie à
l’église paroissiale pour une prière d’adieu. À la demande
des quatre consœurs – les éloignées du Canada –
parmi lesquelles compte sa propre sœur, on ouvre le
cercueil afin de pouvoir la regarder une dernière fois. Quel
n’est pas l’étonnement de tous : religieuses, prêtres,
médecins et autres amis… de constater la beauté de son visage,
les marques comme des pétales de roses incrustés sur ses pieds
et surtout l’odeur parfumée qui se dégage de ce corps soumis
au gel et au dégel des derniers mois !
Âgée
de trente-six ans, Mère Marie-de-Bon-Secours, après un an et
sept mois passés auprès des orphelins de Worcester, a quitté ce
monde, dit-on, à la manière d’une sainte ! Elle est la première
du groupe à rejoindre le Père, Celui qui rend possible, les
choses impossibles… Dès après sa mort, des miracles lui sont
attribués. Aujourd’hui encore, nous la prions en l’associant
à la Vierge Secourable, Notre-Dame-des-Petites-Franciscaines dont
la statue prend place maintenant à l’oratoire attenant à la
chapelle du Sacré-Cœur de la Maison mère.
Sources : Par ce signe tu vivras, Sœur Michelle
Garceau, pfm
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