Mère MARIE-JOSEPH

Marie-Louise Rondeau (en religion Mère Marie-Joseph), fille de Rémi Rondeau et de Louise Guertin, est née à Worcester, le 5 octobre 1870. Elle fut baptisée dans l’église Notre-Dame-des-Canadiens par le curé J.-B. Primeau.

Un certain jour de l’été 1889, l’abbé Joseph Brouillet curé de la paroisse N.-D.-des-Canadiens, se rend au foyer « Rondeau ». Il cause avec eux de la possibilité d’obtenir l’aide de leur fille Marie-Louise pour l’œuvre nouvellement commencée auprès des orphelins. Marie-Louise est en vacances présentement car elle prépare un diplôme d’enseignement et fréquente le pensionnat des Sœurs de la Présentation de Marie à Saint-Ours-sur-Richelieu. Devant le consentement des parents, comment pourrait-elle dire  «non» au pasteur lorsque la voilà directement interrogée ? D’ailleurs,  la perspective de devenir religieuse, proposition de monsieur le curé qui parle d’une prise d’habit comme Tertiaires de St-François, la remue au plus profond de son cœur. Un désir de vie consacrée encore caché devient de plus en plus interpellant ce jour-là !

Âgée de dix-huit ans, elle acquiesce à la demande adressée et se donne – elle qui désire tant s’occuper des enfants – au projet de l’orphelinat. Elle est la « première appelée » avec deux demoiselles célibataires. Ces dernières quitteront l’œuvre sans tarder lorsque le fardeau se fera trop lourd !

Très tôt, elle est choisie par le groupe comme responsable avec une autre compagne afin de gérer les missions difficiles au moment de la « tourmente » qui commence à Worcester, à l’automne 1890. Elle est l’une des deux « élues » qui effectue le mémorable voyage de Worcester à Baie-Saint-Paul, du 14 au 17 juillet 1891. Le 17 vers midi, elle frappera au presbytère pour une rencontre avec monsieur le Curé Ambroise Fafard, fondateur du petit Hospice Sainte-Anne. Celui-ci requiert l’aide de femmes courageuses pour le projet d’accueil des handicapés en réponse à une demande gouvernementale. Sur la suggestion du Curé Fafard, elle se rendra avec sa compagne à Chicoutimi afin d’y être reçue par Monseigneur Labrecque, évêque de ce diocèse.

Supérieure à vingt et un ans du côté américain surtout vu ses origines, elle est une femme déterminée chez qui la foi décuple le courage et domine la timidité. Douée de grandes qualités auprès des enfants, elle se dépense avec succès tant auprès des orphelins que dans l’enseignement proprement dit. Elle «… sera auprès d’eux la bonne Sœur de charité laissant paraître une vraie vocation d’éducatrice au cœur généreux et aimant, douée également d’un esprit de grande clairvoyance », écrit notre historienne Sœur Michelle Garceau. 

C’est de plusieurs façons qu’elle sert la jeune Communauté étant donné sa formation intellectuelle appréciable. Après avoir dirigé le petit orphelinat, elle devient directrice dans différentes écoles de la Congrégation naissante. Elle exerce également la fonction de secrétaire et est responsable de la correspondance officielle. Elle rédige une chronique d’une valeur documentaire unique.

Épuisée par toutes sortes de missions difficiles qui pèsent sur ses fragiles épaules, Mère Marie-Joseph meurt à Baie-Saint-Paul le 27 août 1922, avant d’avoir atteint 52 ans !

( Source : Par ce signe tu vivras. Sœur Michelle Garceau, pfm.)

 

Mère MARIE-ANNE-DE-JÉSUS

Marie Bibeau (en religion Mère Marie-Anne-de-Jésus), fille de Pierre Bibeau et de Catherine Latraverse, est née à Saint-Pierre-de-Sorel le 9 octobre 1865.

La famille « Bibeau » arrive aux Etats-Unis vers 1889. La jeune Marie est employée comme couturière dans le village de Manchaug tout près de Worcester, ville où se trouve l’œuvre des orphelins du curé Brouillet. Elle fait connaissance de Cordélie Robillard, ménagère du curé Delphos. Attirée par les orphelins, cette dernière franchit le pas et devient postulante à Worcester. La démarche de Cordélie résonne dans le cœur de Marie Bibeau. Lors d’une retraite prêchée par le Père Zotique Durocher, vicaire de monsieur Brouillet et chapelain de l’orphelinat, elle fait part au prédicateur de son désir de vie religieuse.

À vingt-quatre ans, Marie songe à devenir religieuse mais ses yeux regardent vers des Communautés canadiennes. Le vicaire Durocher, attaché à l’œuvre du curé Brouillet, cause sérieusement avec la jeune fille. Il perçoit sans doute chez elle une vocation auprès des orphelins. Le 24 novembre 1889, elle se décide et entre au postulat à Worcester.

Mère Marie-Anne-de-Jésus – quoique comptant comme troisième recrue à la suite de Cordélie Robillard – est vite considérée comme la deuxième vu les tâches importantes qui l’attendent dans le petit institut. Avec Mère Marie-Joseph, elle assume des missions de grande importance. Il est à signaler que le curé Brouillet, ayant fait allusion en s’entretenant avec les jeunes recrues, d’un engagement par des vœux religieux, semble faire volte-face. Mère Marie-Anne-de-Jésus est déléguée par le groupe pour se rendre, avec Mère Marie-Joseph, auprès de Monseigneur O’Reilly puis de Monseigneur Beaven, son successeur à Springfield. L’objectif de cette visite est d’essayer de mieux comprendre le charitable mais énigmatique curé-fondateur monsieur Joseph Brouillet.

À Baie-Saint-Paul, elle fait encore le voyage avec Mère Marie-Joseph en juillet 1891 pour rencontrer le curé Fafard puis Monseigneur Bégin, évêque de Chicoutimi. Les deux mettent tout leur espoir dans ce diocèse canadien en cherchant à sauver l’institut embryonnaire de Worcester. Ayant obtenu l’assentiment de l’évêque de Chicoutimi, elles sont prêtes à s’occuper de l’Hospice Sainte-Anne fondé par le curé Fafard. Mère Marie-Anne-de-Jésus, avec trois autres compagnes, fera partie du premier groupe débarquant à Baie-Saint-Paul le 13 novembre 1891.

Après que huit d’entre elles aient prononcé leurs premiers vœux au mois d’août 1892, le Père Fafard la nomme supérieure générale de l’institut débutant. Au mois de janvier de l’année 1893, cette nomination sera confirmée par un vote secret venant des compagnes. Elle accomplira ensuite le projet du Père Fafard décédé en 1899 : construire la Maison mère où se situe la splendide chapelle du Sacré-Cœur.

Après seize années comme supérieure générale, les membres perclus de rhumatisme, Mère Marie-Anne-de-Jésus est assidue aux visites des malades à domicile…

Elle meurt à Baie-Saint-Paul le 30 avril 1924 à l’âge de 58 ans.

( Source : Par ce signe tu vivras. Sœur Michelle Garceau, pfm. )

 


Mère MARIE-DOMINIQUE  

Lumina Bolduc ( en religion Mère Marie-Dominique), fille de Henri Bolduc et de Eulalie Marcoux, est née à Saint-Lambert-de-Lévis, le 11 janvier 1870. Elle fut baptisée le lendemain sous les noms de Marie-Joséphine-Lumina.

La mort prématurée du papa amène la famille Bolduc à des déplacements successifs en vue de trouver sa subsistance. Après plusieurs migrations en terre américaine, Madame Bolduc finit par s’y établir avec sa famille. Ces déménagements ne favorisent guère la fréquentation scolaire pour les enfants ! Lumina doit en faire le sacrifice. Cette épreuve est vite compensée cependant par l’esprit sérieux que les multiples expériences de la vie lui permettent de développer. C’est dans ce grand « livre » qu’elle apprend ! Cela lui donne l’occasion de perfectionner un bon sens inné et permet à son jugement de s’affermir. Elle trouvera sans problème un travail qui lui permet d’aider les siens.

À Worcester, ce qu’elle trouvera de façon providentielle, c’est un appel à travailler pour le Christ en se dévouant dans l’œuvre de charité à l’égard des orphelins accueillis par le curé Joseph Brouillet. Le 15 mai 1890, âgée de vingt ans seulement, elle quitte le foyer pour prendre l’habit des Tertiaires franciscaines. À cet âge, elle est déjà une fille mûre !

Mère MARIE-DOMINIQUE prend une place bien précieuse aussi bien à l’Orphelinat du curé Brouillet que plus tard, à l’Hospice Sainte-Anne du curé Fafard. Les gros travaux, pour elle, n’ont pas de secrets : ménages, lessivages, chauffage même, veilles de nuit auprès des malades, sa robuste santé lui permet un service sans faille. Choisie par Mère Marie-Joseph, la supérieure des débuts à Worcester, elle compte parmi les quatre premières « novices » franciscaines débarquant à Baie-Saint-Paul, le 13 novembre 1891.

Arrivée sur cette terre d’espérance, elle se met à la tâche. Femme de grand jugement, elle sait pertinemment seconder Mère Marie-Anne-de-Jésus, responsable de la fondation canadienne. On écrira à son sujet : « Elle parle peu lorsqu’il s’agit de sa propre personne…» mais elle trouve toujours le mot à dire s’il s’agit de rencontres importantes.

La caractéristique de Mère MARIE-DOMINIQUE, selon les compagnes fondatrices et plusieurs autres religieuses aînées qui l’ont bien connue, est son grand esprit d’humilité et d’effacement. Lorsqu’elle est élue supérieure générale de la Congrégation, «… elle attribuera à son Conseil, tous les succès en s’accusant elle-même sans pitié de tous les travers ».

Supérieure générale pendant dix-huit ans et assistante générale pendant onze ans, elle se désole plus d’une fois devant ce choix posé. Pendant les années où elle est la première responsable de la congrégation, «… les œuvres se multiplient, les couvents se fondent et la Communauté s’affermit…» écrira sœur Michelle Garceau. Elle est pour toutes les religieuses, un modèle de foi, de charité, de simplicité et de grand détachement.

Mère MARIE-DOMINIQUE est la dernière FONDATRICE à quitter la vie terrestre. Elle décède à Baie-Saint-Paul, le 14 août 1952, à l’âge de 82 ans.  

( Source : Par ce signe tu vivras. Sœur Michelle Garceau, pfm )  



Mère MARIE-ALEXIS

Marie-Cordélie Robillard (en religion Mère Marie-Alexis), fille de Hilaire Robillard et de Marguerite Robillard, est née le 10 mars 1846 et baptisée le lendemain dans l’église Sainte-Geneviève de Berthier.

C’est à Manchaug, petit village situé tout près de Worcester, que Cordélie vient travailler afin d’aider sur le plan pécuniaire la famille d’une de ses sœurs. Elle est la ménagère du curé Alexis Delphos. Avancée en âge, il y a longtemps qu’elle se sent appelée à la vie religieuse. Où pourrait-elle trouver un endroit aussi favorable au dévouement qu’auprès des orphelins du curé Brouillet ? L’abbé Zotique Durocher, vicaire et chapelain de l’orphelinat, l’y invite fortement. Mais peut-elle laisser le curé Delphos sans ménagère ?

Au mois d’octobre 1889, elle se trouve enfin une remplaçante. Âgée de quarante-trois ans, elle peut partir sans crainte. Elle arrive à l’orphelinat avec tout ce qu’elle possède : lingerie, meubles et une somme d’argent importante pour l’époque, quelque 600 $. Elle possède même un cheval et une voiture… Quelle aubaine  pour les randonnées de quête !

Le 24 novembre 1889, avec d’autres compagnes dont Mère Marie-Anne-de-Jésus, elle revêt l’habit des Tertiaires de Saint-François. Le 12 août 1892, elle est présente à Baie-Saint-Paul avec sept autres compagnes pour l’émission de ses premiers engagements.

Mère MARIE-ALEXIS a une santé robuste ; ce qui fait dire à ses compagnes : «…elle travaille comme un homme… » ou encore «… trois personnes ordinaires… ». Étant très douée manuellement, elle est très utile car elle peut procéder à toutes les réparations de la maison. Quelle façon de faire des économies !

Sur le plan moral, Mère MARIE-ALEXIS est une compagne agréable. D’un âge respectable, elle a une grande influence sur ses compagnes par le regard de sérénité et de paix profonde qu’un visage rond et doux laisse transpirer. De plus, son grand esprit de foi la rend souple, docile et vigilante. N’a-t-elle pas la charge délicate de remplacer pendant quelques mois, en plein cœur de la tourmente à Worcester en 1893-1894, comme supérieure, Mère Marie-Joseph appelée au Canada pour un service particulier à l’Évêché de Chicoutimi ?

Bien servie par la nature et par la grâce, Mère MARIE-ALEXIS est de tous les secours. À l’aise auprès des orphelins, elle le sera autant auprès des vieillards, des idiots (le nom donné aux handicapés intellectuels autrefois) ou encore à la cuisine, à la cordonnerie ou au jardin. C’est avec peine qu’elle accepte, vu son âge avancé et des forces diminuées, certain ménagement.

Avec une simplicité d’enfant, en faisant tourner les grains de son chapelet (une couronne franciscaine) entre ses doigts usés, elle termine les derniers moments d’une vie bien remplie à l’âge de 93 ans. Elle est la seule FONDATRICE à mourir à un tel âge !

Elle décède à Baie-Saint-Paul le 7 juin 1939, un peu avant les fêtes du cinquantenaire de la congrégation. 

(Source : Par ce signe tu vivras. Sœur Michelle Garceau, pfm)


Mère MARIE-ZOTIQUE

Étudienne Blais (en religion Mère Marie-Zotique), fille d’Édouard Blais et de Marguerite Vandal, est née à Saint-Pierre-de-Sorel le 17 avril 1858. Elle est baptisée le lendemain sous le nom de Marie-Étudienne.

Voilà que vers la fin du XIXe siècle, la famille Blais émigre en Nouvelle-Angleterre pour y trouver sa subsistance. Dès son arrivée, Étudienne est attirée par l’orphelinat du curé Brouillet, à Worcester. Une première intervention de celui-ci auprès de la maman n’a aucun succès. Elle s’objecte sans cesse au désir de sa fille qui déjà avait voulu entrer dans une congrégation religieuse au Canada.

Un peu plus tard, on entrevoit un certain revirement chez la maman. En effet, le blâme sévère du curé réveille son sens chrétien et elle finit par lâcher prise… Étudienne arrive à l’orphelinat le 2 janvier 1890. Quel beau cadeau du jour de l’An pour le curé Brouillet ! Âgée de trente-deux ans, elle peut enfin répondre au désir de son cœur.

Dès le 5 janvier, avec d’autres compagnes, la jeune fille prend l’habit des Tertiaires franciscaines à Worcester et reçoit le nom de Mère MARIE-ZOTIQUE. À partir de ce moment, elle est impliquée aux joies et aux peines d’une Œuvre qui donnera naissance à une congrégation religieuse. L’incorporation  du groupe de novices les mènera par des sentiers difficiles, en terre canadienne. C’est à Baie-Saint-Paul que Mère Marie-Zotique prononce, avec d’autres compagnes, ses premiers engagements au mois d’août 1892.

De santé fragile, elle «… servira plus la Communauté par les trésors de son cœur que par la force de ses bras. » écrit sœur Michelle Garceau. Mère Marie-Zotique est partie prenante de toutes les besognes dans les débuts à Worcester. Douée d’un jugement sûr, elle compte parmi les premières conseillères générales et assume, à plusieurs reprises, le rôle de supérieure locale.

Le trait de caractère de cette FONDATRICE est sans doute sa gaieté et une joie toute simple qui se laissent entrevoir sous un petit air tranquille et réservé. Avec l’expérience due à son âge avancé, elle a mille secrets pour soulager les maux physiques aussi bien ceux de ses compagnes que ceux des pauvres qu’elle côtoie. Pendant plusieurs années, en effet, elle est affectée au poste de "pharmacienne" à la Maison mère.

Cet empressement à soigner les malades avec une si grande patience et compassion, elle l’a prouvé dans les soins attentifs accordés à « maman » Durocher, la mère du Père Zotique Durocher – vicaire du curé Brouillet – dont elle porte le nom. En effet, c’est à l’Hospice Sainte-Anne à Baie-Saint-Paul que la vieille dame termine ses jours. Mère Marie-Zotique est aussi la toute désignée pour accompagner fidèlement et efficacement Mère Marie-Égide-d’Assise appelée au chevet du vénéré Père fondateur Ambroise Fafard, pendant la maladie qui précède sa mort le 12 août 1899.

Par sa prière fervente et les nombreux services accomplis auprès des malades, MÈRE MARIE-ZOTIQUE laisse «…le souvenir d’une personne priante et de grande bonté de cœur…». Elle décède à Baie-Saint-Paul le 26 août 1930 à l’âge de 62 ans. 

( Source : Par ce signe tu vivras.  Sœur Michelle Garceau, pfm. )   


Mère ALPHONSE-MARIE-DE-LIGORI

Albertine Riopel, fille de Eusèbe Riopel et de Éléonore Peltier, est née à Montréal le 19 juillet 1872. Elle est baptisée le lendemain dans l’église du Saint-Nom-de-Marie.

Les parents Riopel comme bien d’autres, viennent habiter les États-Unis, notamment la ville de Worcester, MA, afin d’y trouver plus facilement un travail. Albertine, après une retraite prêchée à South Worcester par le Père Frédéric, franciscain, se sent appelée au service des orphelins. Mais à 17 ans, comment peut-on penser entrer au couvent ? Les parents s’y opposent carrément ! La jeune fille se hasarde à fuir vers l’orphelinat fondé par le curé Joseph Brouillet, entretenant le désir de devenir religieuse. Après quelques semaines, sur le conseil de ce dernier, elle retourne chez ses parents mais ce ne sera que pour obtenir la permission de prendre l’habit des Tertiaires, cérémonie qui a lieu le 9 mars 1890.

Mère Alphonse-Marie-de-Ligori s’ajoute aux compagnes déjà reconnues «Oblates de Saint-François» (c’est le nom donné aux Petites Franciscaines de Marie dans les débuts à Worcester) pour se dévouer à l’orphelinat du curé Brouillet. Comme celles qui la  précèdent, c’est avec un cœur rempli d’une tendresse toute maternelle qu’elle s’occupe des chers orphelins. Il ne sera  pas loin cependant le temps où elle prendra part aux difficultés et aux multiples problèmes d’incompréhension qui s’établiront peu à peu entre le fondateur de l’orphelinat et les Oblates !

Venue à Baie-Saint-Paul avec d’autres compagnes pour l’émission de ses premiers vœux le 12 août 1892, Mère Alphonse-Marie-de-Ligori sera le plus souvent affectée à Worcester. Là-bas, elle servira dans les deux œuvres, c’est-à-dire à l’orphelinat tout d’abord puis à l’Hospice Saint-François, à partir de l’année 1897.

Mère ALPHONSE-MARIE-DE-LIGORI a une santé fragile. Bien que jeune, elle est torturée de maux d’estomac qui ne la quitteront à peu près jamais. Elle a tout juste sonné ses vingt ans qu’elle «doit calculer ses forces, se ménager, se reposer, doser son travail au compte-gouttes, …»  écrira sœur Michelle Garceau. Il est évident que le plus lourd sacrifice consiste à se résigner à devoir composer sans cesse avec une faible santé. Quelle épreuve morale n’a-t-elle pas alors à surmonter !

Douée heureusement d’un caractère équilibré, cela lui permet de tirer parti de sa pénible situation. D’une intelligence remarquable, elle sait mettre à profit ses années d’études passées chez les Sœurs de Sainte-Anne à Worcester et devient ainsi le « bras droit » de Mère Marie-Joseph pour l’enseignement auprès des orphelins. Elle sera aussi une secrétaire appréciée en différentes occasions. Mais avant tout, elle se rend disponible comme aide dans de multiples services : cuisine, buanderie, soin des enfants ou des malades. À la quête, elle saura marquer les gens par la qualité de ses relations :  compassion, douceur, affabilité et surtout une sympathie joyeuse et réconfortante…

Elle décède à Baie-Saint-Paul le 3 août 1936 à l’âge de 64 ans.

( Source :  Par ce signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm. ) 

 




Mère MARIE-DES-SEPT-DOULEURS

Emma Decelles, fille de Anselme Decelles et de Adéline Ménard, est née à Saint-Césaire, le 8 août 1860. Elle est baptisée le même jour sous les noms de Marie-Eugénie-Emma.

Embauchée à Fall River, Mass., Etats-Unis, elle a 29 ans quand le Père Frédéric, franciscain, l’achemine vers l’orphelinat du curé Joseph Brouillet à Worcester. À cet âge, elle a une bonne expérience de la vie obligée qu’elle est, par les besoins de son travail, de s’éloigner des siens. Cela lui donne l’occasion de se façonner une personnalité forte, basée sur une solide volonté que vient fortifier une ardente piété se percevant dans les  relations douces et respectueuses qu’elle entretient à l’égard de son entourage.

En avril 1890, elle s’engage donc dans l’œuvre de l’orphelinat. Au mois de mai, la voilà novice attendant avec impatience le jour où elle pourra prononcer ses vœux de religion. Le travail auprès des enfants l’accapare cependant et c’est avec une grande joie et un cœur de mère qu’elle s’y dévoue inlassablement. Comme les autres compagnes, elle est partie prenante de tous les succès et de tous les déboires que le groupe de Tertiaires franciscaines vit à Worcester pendant les années de la tourmente qui s’étendent de 1890 à 1897.

Elle n’aura même pas le bonheur d’émettre, avec les huit compagnes, ses premiers engagements à Baie-Saint-Paul, au mois d’août de l’année 1892. En effet, il lui faut rester au poste à Worcester avec une autre novice afin de veiller sur les orphelins. Ce n’est que le 15 janvier 1893 qu’elle est appelée au Canada pour la profession religieuse tant désirée. À la suite de cet événement, elle se voit nommer, le 30 janvier, première assistante de Mère Marie-Anne-de-Jésus, supérieure générale.

À partir de ce moment, elle sera donc chargée officiellement de répondre aux affaires de la Congrégation. On la retrouve à côté de Mère Marie-Joseph à Worcester en 1898. Pour retrouver le calme et renouer avec celui qui les avait appelées en 1889 (le curé Brouillet), il faut consentir à laisser l’œuvre des orphelins. À Worcester en 1897, l’orphelinat se transforme donc en hospice pour les vieillards! À ce moment, quoique de santé fragile, Mère Marie-des-Sept-Douleurs va d’un endroit à l’autre, se rendant disponible pour tous les services notamment celui d’assumer le rôle de supérieure auprès de différents groupes de la communauté naissante et cela pendant vingt années consécutives.

Pour conclure, c’est à sœur Michelle Garceau que j’emprunte ces lignes qui caractérisent notre chère Mère : […« Unie jusqu’à la fin à sa Mère des Douleurs, réparatrice et consolatrice, elle voudra se soustraire aux injections calmantes que nécessite pourtant, aux derniers jours, la violence du mal qui la terrasse, et elle dira au médecin pour le persuader : « Nous autres, les Mères Fondatrices, il y a longtemps que le bon Dieu nous a habituées à souffrir ! »…]

Elle décède à Baie-Saint-Paul le 3 janvier 1937 à l’âge de 77 ans.

( Source :  Par ce signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm. ) 

 



Mère MARIE-ÉGIDE-D’ASSISE

Mère Marie-Égide-d’Assise, fille de Joseph Marcil et de Marie Deneault, est née à Saint-Jean-de-Matha, le 25 juillet 1862. Elle est baptisée le jour de sa naissance sous les noms de Marie-Louise-Rosanna.

Au début de l’année 1890, alors que les relations commencent déjà à s’assombrir à l’orphelinat du curé Joseph Brouillet à Worcester, Rosanna Marcil frappe à la porte pour être reçue comme postulante et se dévouer dans l’œuvre de charité. Le 27 juillet, âgée de 29 ans, elle prend l’habit en l’église Notre-Dame-des-Canadiens et reçoit le nom de Sœur Marie-Égide-d’Assise.

Elle compte parmi les quatre « choisies » pour venir en aide au Curé Fafard à Baie-Saint-Paul, le 13 novembre 1891. Le groupe des Tertiaires franciscaines prennent alors racines au Canada et avec la permission de l’évêque de Chicoutimi, elles y établissent leur Maison mère et leur noviciat en terre charlevoisienne. C’est avec joie qu’elle fait aussi partie du groupe des huit novices qui émettent leurs premiers engagements au mois d’août de l’année suivante, en 1892.

MÈRE MARIE-ÉGIDE-D’ASSISE sera de toutes les corvées dans les débuts, notamment celle qui la mène de Baie-Saint-Paul jusqu’à l’évêché de Chicoutimi, le 1er septembre 1894. Avec Mère Marie-Joseph comme compagne, elle assume alors la tâche de cuisinière de Mgr Michel-Thomas Labrecque pendant quelques mois. Cependant dès le début de l’année 1895, elle pourra retourner à Worcester et se remettre au service de l’orphelinat auprès des enfants qu’elle affectionne tendrement.

Douée d’un caractère jovial, d’un esprit de discernement remarquable, d’une grande débrouillardise, elle sera choisie comme assistante de Mère Marie-Anne-de-Jésus, supérieure générale et comptera ainsi parmi les membres du conseil général pendant trente-trois ans.

Elle sait, à ses heures, dérider le Père Fafard et parfois même, semble mettre en doute, dans un esprit de franche simplicité, les idées de celui-ci. À l’époque, cela pouvait être remarqué et remarquable… N’a-t-elle pas gagné ainsi sa totale confiance puisqu’il la nomme en 1899, son exécutrice testamentaire ?

Lorsque la santé du Père Ambroise décline à partir du mois de mai 1899, elle se rend quotidiennement avec Mère Marie-Zotique, auprès de ce dernier qui demande une présence attentive. Au mois de juillet, le mal s’aggrave. C’est alors qu’elle se fait à la fois, l’infirmière et l’ange gardien du « bon Père Fondateur » comme elle l’appelle, et avec l’une ou l’autre des compagnes fondatrices qui s’amènent pour la retraite au début du mois d’août, elle assure un service sans faille de jour comme de nuit !

Mère Marie-Égide-d’Assise, affectée par un rhumatisme qui l’empêche de se déplacer normalement pendant plus de la moitié de sa vie, décède à Baie-Saint-Paul, le 21 août 1949, à l’âge de 87 ans.

( Source :  Par ce signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm. )   

 


Mère MARIE-FRÉDÉRIC

Mère Marie-Frédéric, fille de Moïse Perron et de Émilie Duplessis, est née à Saint-Barnabé le 12 mars 1852. Elle est baptisée le même jour sous le nom de Zélie.

Reçue tertiaire de Saint-François depuis quelques années et attirée par le «Saint» d’Assise, Zélie Perron, âgée de trente-sept ans, cherche discrètement, une congrégation religieuse franciscaine où elle pourra s’épanouir comme tertiaire régulière. À l’orphelinat des « Sœurs Grises » de Montréal où elle travaille, elle rencontre Sœur Saint-François-d’Assise venue de Worcester, É.-U. en voyage d’affaires dans la métropole canadienne. Engagée dans l’œuvre du curé Brouillet, cette dernière fait partie d’un  groupe 
– tertiaires de Saint-François – en voie de devenir des religieuses. 

Après avoir pris quelques informations auprès de la sœur voyageuse, Zélie est décidée ; c’est aux Etats-Unis qu’elle se rendra pour être religieuse ! Se vouer au service des orphelins : qu’ils soient canadiens ou américains, peu lui importe ! Ce qui compte pour elle, c’est de trouver une congrégation franciscaine. Elle est donc reçue à Worcester par le curé Joseph Brouillet qui lui donne l’habit des postulantes le 21 août 1890. À partir de ce jour, elle trouvera « la joie parfaite » dont parle François d’Assise car ils ne sont pas loin les jours sombres que le groupe doit affronter !

Les souffrances matérielles et spirituelles des pauvres Oblates de Saint-François – c’est le nom que portent les novices pendant un certain temps – deviennent si complexes que les journaux ont vite fait de diffuser certains articles sur le sujet. L’affaire a une répercussion jusqu’à Montréal même ! En la fête de saint Joseph de l’année 1891, Monsieur Moïse Perron, ayant entendu parler de ce qui se passe à l’orphelinat de Worcester, s’y amène avec la ferme décision de ramener ses deux filles.

En effet, elles sont deux sœurs Perron à travailler là-bas. Devant des faits devenus, à peu de chose près, un scandale public dans la métropole canadienne, le papa, après avoir consulté l’évêque de Montréal, est bien décidé d’y retirer ses enfants. Une fois rendu à Worcester cependant, après avoir causé longuement avec des membres de certaines familles qui ont suivi l’évolution de l’histoire; après avoir rencontré le Père Durocher, vicaire du curé Brouillet; après avoir réfléchi face à l’attitude des novices franciscaines, M. Perron en vient à admirer le courage de ces filles qui vivent dans un esprit d’abandon éprouvé. Il repart pendant la soirée avec Zélie qu’accompagne une orpheline. Elle ira pour une journée à Montréal afin de réconforter la maman et reviendra avec la compagne.

Mère Marie-Frédéric compte parmi les « quatre » qui viennent fonder la Congrégation à Baie-Saint-Paul le 13 novembre 1891. Cette religieuse assume différentes tâches au Canada comme aux Etats-Unis. Souffrant d’un bégaiement marqué, c’est avec humilité et souci de servir là où les besoins se font sentir qu’elle s’épanouit; un épanouissement marqué par la gaieté et la joie de vivre… Comédienne à ses heures avec ses chansons à répondre, elle a un don pour animer les récréations communautaires. N’est-elle pas ainsi la digne fille du «chantre» d’Assise, François le Poverello ?

Mère Marie-Frédéric décède à Baie-Saint-Paul le 27 février 1939 à l’âge de 87 ans.

( Source :  Par ce signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm. ) 

 



Mère MARIE-THÉRÈSE-DE-JÉSUS

Mère Marie-Thérèse-de-Jésus, fille de Ferdinand Roy et de Malvina Roy est née à Saint-Cajétan d’Armagh le 30 janvier 1871. Elle est baptisée le lendemain sous les noms de Marie-Elzire.

Le 21 août 1890, Sœur Marie-Joseph accueille une aspirante venant de North Uxbridge, MA et portant une lettre d’admission signée par le curé Joseph Brouillet : il s’agit de Marie-Elzire Roy. Dans le livre « Par ce signe tu vivras », on y lit ces mots attribués à la jeune fille lorsqu’elle se présente au parloir : « Ma Sœur, je viens ici pour vivre et mourir, conduite par saint François. J’ai eu trop de misère à entrer, je ne veux plus sortir ! ». Elle n’a que dix-neuf ans.

Depuis l’âge de seize ans, après son entrée dans le Tiers-Ordre séculier de Saint François, Elzire cherche une congrégation de Tertiaires Régulières pour y devenir religieuse. À ce moment, deux franciscaines venues de South Worcester pour la quête dans sa paroisse attirent son attention. Elle engage alors un dialogue avec ses parents leur dévoilant son désir d’entrer à l’orphelinat canadien du curé Brouillet à Worcester. Ceux-ci refusent catégoriquement. Sans mot dire, tenace et décidée, elle s’enfuit alors du foyer paternel. Le Père Brouillet la garde quelques semaines mais il juge plus sage de la retourner chez elle afin qu’elle obtienne la permission officielle de se donner à la cause des orphelins.

Revenue à la maison et usant de tous les moyens, elle bute sans cesse sur un refus obstiné des parents. La solution sera de partir clandestinement… Le Père Brouillet l’accueille cette fois sans hésiter et lui donne l’habit des Tertiaires et le nom de Marie-Thérèse-de-Jésus, le 5 octobre 1890. Peut-elle s’imaginer à ce moment tout ce qu’elle aura à souffrir dans l’œuvre naissante de l’orphelinat de Worcester qui l’attire si fortement ?

On la trouve toujours au service des orphelins alors que la communauté naissante est acceptée à Baie-Saint-Paul pour l’œuvre du Père Fafard, le 13 novembre 1891. Lorsque les huit compagnes se rendent au Canada pour leur première profession au mois d’août 1892, elle reste à Worcester comme gardienne du petit troupeau avec Mère Marie-des-Sept-Douleurs. Le 15 janvier 1893, Elzire aura à son tour le privilège d’émettre avec sa compagne, ses premiers vœux. Lors de cet événement, elle est appelée à poser un grand geste de foi ! Monseigneur Labrecque en effet, autorisant la congrégation à admettre de nouvelles recrues, la voilà désignée par le conseil général pour la délicate fonction de maîtresse des novices. Nous sommes au 31 janvier 1893. Elle n’a que vingt-deux ans !

Mise à part la lourde tâche qui la réclame devant le nombre croissant des postulantes, puisqu’elle a la « plume » facile, Mère MARIE-THÉRÈSE-DE-JÉSUS est choisie pour rédiger les premières Constitutions de la congrégation demandées par Mgr l’Évêque. Mais la petite mère – comme on aime l’appeler – est de santé fragile ! Touchée par ce que l’on pense être une pleurésie en juin 1896, les rechutes sont fréquentes. Mère Marie-Anne-de-Jésus s’efforce alors d’alléger son fardeau par de multiples remplacements auprès des jeunes. On prie même grand-maman sainte Anne afin qu’elle lui accorde la guérison. Rien à faire ! Elle ira comme elle l’écrit elle-même à cette époque : « … se reposer en Dieu… se décharger sur Lui… s’abandonner totalement à Lui… »

Elle décède à Baie-Saint-Paul le 13 décembre 1898 à l’âge de vingt-sept ans.

( Source :  Par ce signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm. ) 


Mère MARIE-DE-BON-SECOURS

Mère Marie-de-Bon-Secours, fille de Moїse Perron et de Émilie Duplessis, est née à Saint-Étienne-des-Grès, le 19 avril 1856. Elle est baptisée le même jour dans l’église Saint-Barnabé sous le nom d’Agnès.

Sœur de sang de Zélie (Mère Marie-Frédéric), elles arrivent ensemble de Montréal pour s’engager à l’orphelinat du curé Brouillet à Worcester. Agnès a 33 ans ! Tertiaire séculière de Saint François, comme sa sœur, elle désire devenir religieuse franciscaine. Le 21 août 1890, elle « prend l’habit » et reçoit le nom de Sœur Marie-de-Bon-Secours.

Les jours pénibles vécus à l’orphelinat ébranleront sa santé déjà fragilisée. Au premier trimestre de l’année 1891, en plein cœur de la tourmente, grâce à sa dévotion mariale, elle devient la « force » du groupe. En effet, la Vierge Marie la gratifie d’un événement bien spécial dans l’église Saint-Étienne de Worcester. Alors qu’elle s’y arrête pour se reposer sur l’invitation de Mère Marie-Égide-d’Assise, la statue de Marie s’anime et lui parle en ces termes : « Marchez, mes petites Sœurs, vous réussirez ! ». Très étonnée que sa compagne n’ait pas entendu ces paroles réconfortantes, Mère Marie-de-Bon-Secours les gardera bien vivantes dans son cœur !

Presque toujours malade, elle se sent souvent inutile et à charge pour les autres qui ont tant à faire ! Femme d’une si grande foi, toutes sont unanimes à lui décerner le diplôme de la prière. C’est en s’appuyant sur son courage et sa force morale que les compagnes trouvent le ressort spirituel leur permettant d’affronter les situations difficiles de l’heure. Avec une joie toute fraternelle, on lui offre la seule paillasse du logis, la chaise bancale dont on dispose… et quoi encore   ?

Pendant l’année 1891, la santé de Mère Marie-de-Bon-Secours ne cesse de se détériorer. En novembre cette année-là, elle voit partir pour le Canada dans la foi, sa sœur aînée Zélie (Mère Marie-Frédéric) puisque l’hospice Sainte-Anne du Curé Fafard à Baie-Saint-Paul devient la «planche de salut» pour l’institut naissant. Avec un cœur aimant, humble et résignée, elle accepte paisiblement tous les sacrifices, toutes les privations ! Ses compagnes en témoigneront…

C’est dans de telles dispositions qu’elle passe vers l’autre « rive » le 7 mars 1892 après avoir manifesté le désir de s’engager, comme ses compagnes, par des vœux de religion. Exposé à l’orphelinat de la rue Bleeker à Worcester, le corps de Mère Marie-de-Bon-Secours est transporté en train jusqu’à Montréal où l’attendent les parents « Perron ». La dépouille mortelle prend place dans le charnier et à l’ouverture de la navigation au début du mois de mai, le bateau amène le petit cercueil, de Québec jusqu’à Baie-Saint-Paul. Ainsi les compagnes diront : « …elle va fonder la congrégation au Ciel…».

Après avoir franchi les étapes du voyage, la défunte est accueillie à l’église paroissiale pour une prière d’adieu. À la demande des quatre consœurs – les éloignées du Canada –   parmi lesquelles compte sa propre sœur, on ouvre le cercueil afin de pouvoir la regarder une dernière fois. Quel n’est pas l’étonnement de tous : religieuses, prêtres, médecins et autres amis… de constater la beauté de son visage, les marques comme des pétales de roses incrustés sur ses pieds et surtout l’odeur parfumée qui se dégage de ce corps soumis au gel et au dégel des derniers mois !

Âgée de trente-six ans, Mère Marie-de-Bon-Secours, après un an et sept mois passés auprès des orphelins de Worcester, a quitté ce monde, dit-on, à la manière d’une sainte ! Elle est la première du groupe à rejoindre le Père, Celui qui rend possible, les choses impossibles… Dès après sa mort, des miracles lui sont attribués. Aujourd’hui encore, nous la prions en l’associant à la Vierge Secourable, Notre-Dame-des-Petites-Franciscaines dont la statue prend place maintenant à l’oratoire attenant à la chapelle du Sacré-Cœur de la Maison mère. 

  Sources : Par ce signe tu vivras, Sœur Michelle Garceau, pfm