Blason des Petites Franciscaines de Marie
 Blason des Petites Franciscaines de Marie

Le " Rappelle-toi " est une poésie mise en musique par le Père Berchmanns-Marie Mangin, o.f.m.

Les strophes de ce chant sont une explication de chacun des éléments du blason.

Le Père Berchmanns-Marie Mangin, franciscain, a marqué la Congrégation naissante à partir de l'année 1902. Il lui a donné une formation appropriée la préparant ainsi à entrer dans la grande famille franciscaine appelée "Affiliation à l'Ordre Séraphique". 


Rappelle-toi


Le Rappelle-toi. Dessin Noel Gosselin_1904

S
oeur bien-aimée, adieu, car voici l'heure !
Jésus le veut, quitte cette maison.

Mais, en partant pour une autre demeure,
De l'Institut regarde la blason.

Grave-le dans ton coeur ce précieux symbole,
Garde-le près de toi cet ami qui console.
À ton blason toujours, ma Soeur, jure-le-moi,
                           Garde la foi !

Rappelle-toi cette devise sainte :
" La Croix, ma vie ". Amour au Tau divin !
Comme François, sache immoler sans crainte
Tes jours de joie et tes jours de chagrin.
Mais si parfois la croix te semblant trop pesante
Tu venais à fléchir sous sa charge écrasante
Alors, jette un regard plein de foi, d'abandon
                           Sur ton blason !

Rappelle-toi la couronne honteuse
Qui du Sauveur ensanglanta le front;
Tu la verras devenir glorieuse
Si, comme lui, tu sais bénir l'affront.
Avec Jésus pour chef, tu seras méprisée.
Quand viendront plus aigus les traits de la risée
OH ! regarde l'épine... Elle est une leçon
                          Sur ton blason.

Rappelle-toi ces liens séraphiques
Et les trois noeuds qu'on y voit parsemés;
Ne sais-tu pas que, "boules symboliques",
Par eux, en toi, les voeux sont figurés ?
Vivre pauvre, obéir, être lis d'innocence,
Dans les âpres rigueurs d'une humble pénitence :
Oui, c'est bien là le sens du virginal cordon
                           De ton blason.

Rappelle-toi, noble enfant de Marie,
Cette "couronne" aux grains dévotieux.
Roses d'amour, au sentier de la vie,
Effeuille-les en marchant vers les cieux.
Avec un soin jaloux, garde ton héritage,
Apprends à le chérir chaque jour davantage,
Ils sont si beaux ces grains tombant en liseron
                          À ton blason.

Rappelle-toi ces branches vigoureuses,
Symbole heureux de générosité.
Rappelle-toi ces palmes glorieuses,
Gages de paix et d'immortalité.
Ange de charité, va, sans craindre la tâche ;
Quand elle est séraphique, une âme n'est pas lâche.
Pense, le front courbé sur ton rude sillon
                         À ton blason.

Rappelle-toi ces lettes enlacées,
Doux résumé de l'Ave Maria ;
Que, nuit et jour, sur tes lèvres placées,
Elles te soient comme un Alleluia.
De ta noble patronne il exalte la gloire.
Bénis l'Immaculée en chantant sa victoire !
Aime ce monogramme ainsi qu'un doux rayon
                         Sur ton blason.

Rappelle-toi ce Coeur qui haut te crie :
Apprends de moi que je suis humble et doux !
Lui seul Il donne à l'âme qui le prie
Ces deux trésors dont Il est si jaloux.
Puissent du Sacré-Coeur les vertus favorites
Te rendre bien petite, entre les plus petites.
Va, toujours douce et humble, ayant pour compagnon
                         Ton saint blason.

Rappelle-toi la conformité vraie
De ces deux bras, placés contre la croix ;
Ces mains qu'empourpre une sanglante plaie,
Ce sont les mains du Christ et de François.
Aspirant séraphin, si l'amour te captive,
Tu voudras qu'à jamais sur la croix Dieu te rive,
Remplaçant par ton bras le bras qu'en écusson
                         Voit ton blason.

Rappelle-toi l'oiseau, touchant emblème,
Qui dit l'amour du Divin Pélican ;
Pour ses petits, se déchirant lui-même,
Il les nourrit du plus pur de son sang.
Aux autres comme à toi doit s'étendre ton zèle ;
De bonne Élisabeth retrace le modèle.
S'il faut, donne ton sang, comme l'oiseau si bon
                         De ton blason.

Va donc sur l'heure, adieu, Soeur bien-aimée,
Semer sans bruit les plus beaux dévoûments ;
Reste fidèle au Dieu qui t'a charmée :
Plutôt mourir que trahir tes serments.
Mais, ta Mère et tes Soeurs que ton coeur ici laisse
Aux pieds de Jésus-Christ qui guérit ceux qu'Il blesse
Et ton blason, toujours ma Soeur, promets-le-moi,
                         Rappelle-toi !

( Source : Par ce signe tu vivras. Sœur Michelle Garceau, pfm.)